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vendredi 13 décembre 2019

La guerre de l’Eco, le printemps du franc CFA

Décidément les chefs d’Etats Ouest Africains ne savent plus où reprendre du poil de la bête. De nos jours, nous observons, çà et là, des sorties médiatiques inopinées de tel ou tel chef d’Etat, au sujet de la mort programmée de la future vieille monnaie néocoloniale française et l’entrée en vigueur de la nouvelle monnaie de la CEDEAO, l’Eco. Ces déclarations suscitent beaucoup d’interrogations et d’interprétations quant à leur quintessence. Qu’en est-il exactement ? Pourquoi et comment le président Béninois Patrice Talon naguère défenseur de la bonne santé du CFA a-t-il fait volte face ?

Il n’est plus l’ombre d’aucun doute que le Nigéria, première puissance d’Afrique, n’entend plus se voir dérober son leadership dans la zone CEDEAO en adulant une future monnaie qui ne sera en définitive qu’un CFA bis. Nous nous souvenons de ses déclarations sur le FCFA. Il n’est pas question pour le géant régional d’aller à une union monétaire dont la gestion sera rattachée au trésor français. Les Nigérians sont bien jaloux de leur souveraineté qu’ils considèrent comme la prunelle de leurs yeux. Ils ont leur monnaie qui se porte bien. En effet, Ils décident de la politique monétaire qui leur convienne dans un ensemble compétitif. Si des décisions importantes sont prises au Nigéria pour le Nigéria, il n’en est pas de même de celles des pays de la zone franc qui restent encore assujetties à la France. Ainsi toutes les décisions concernant le CFA sont prises à Paris et les dirigeants sont contraints d’y faire parvenir les rapports sur toutes les conclusions des différents sommets concernant cette monnaie.

Entre le Nigéria et la France l’amour n’a jamais été à tous les rendez vous. Souvenez-vous de la guerre du Biafra lorsque le Général sanguinaire De Gaulle ne s’était pas gêné de soutenir les rebelles biafrais contre l’armée régulière du Nigéria. Maurice Delaunay lui-même explique : « Le Général m’avait demandé de former les biafrais. Alors j’avais fait une petite école d’officiers biafrais aux environs de Libreville. Je formais des officiers biafrais quatre (04) à cinq (05) Mois et ils repartaient au Biafra ». Le Nigéria n’est pas prêt à oublier cette forfaiture. Ainsi, lorsque le géant se rend compte que la France essaie de bafouer ses intérêts, il ne tarde pas à sortir ses griffes.

Une illustration. Le 19 Août dernier, le Nigéria avait procédé unilatéralement à la fermeture de ses frontières terrestres avec ses voisins que sont le Bénin, le Cameroun, le Niger et le Tchad. Le plus touché est sans nul doute le Bénin dont 20% de son revenu proviendraient du commerce avec le Nigéria. Cette fermeture expliquée par les autorités Nigérianes de lutter contre le trafic illégal des contre bandes ne saurait être la seule raison. Elle offre des possibilités au Nigéria de résoudre son problème de leadership avec la France sur le continent.

Comme nous l’avions toujours mentionné dans nos articles précédents, celui qui contrôle l’émission monétaire d’un pays, contrôle tout son système politique, économique, financier, militaire et social. La venue de l’Eco sans la France fera du Nigéria dans la zone CEDEAO, ce qu’est l’Allemagne dans l’union européenne. Dans une Union monétaire, les économies les plus fortes tirent profit des plus faibles. Ainsi le Nigéria pourra imprimer son rythme. L’Eco de la CEDEAO est une manne pour le Nigéria, comme l’Euro l’est pour l’Allemagne ou le FCFA pour la Côte d’Ivoire et la France.

Lorsque le Président Kaboré avait critiqué à visage découvert la coopération monétaire avec la France en dénonçant le Franc CFA et surtout en recevant l’activiste Kémi Seba à la Présidence devant les médias, la France en son temps avait dépêché son émissaire défenseur du FCFA qui n’était autre que le Président Béninois Patrice Talon pour venir mettre en garde le Président Kaboré le 11 Octobre 2017. D’ailleurs, à sa sortie d’audience avec le Président Kaboré, le Président Talon faisait la déclaration suivante : « Nous comprenons qu’il y’a lieu de donner une réponse forte à la communauté internationale à nos concitoyens sur l’avenir du FCFA, la monnaie dynamique en général. Si demain il ya lieu de revisiter les conditions d’existence d’une monnaie, cela se fait normalement, sans que cela donne lieu à une psychose, mais notez que le CFA va très bien. »

Il n’y a pas longtemps, le Ministre Béninois des finances Mr Romuald Wadagni parlait d’évolution graduelle par rapport aux caractéristiques de l’Eco définis sur un régime de change flexible : « L’Eco évoluera dans un premier temps sur la base d’un régime de change fixe… Mais tant que l’ensemble des 15 pays de la CEDEAO ne sont pas tous prêts, ces paramètres techniques ne seront pas applicables. »

Le paradoxe actuel est que le Président Talon, hier défenseur du FCFA qui n’avait pas manqué de louer le dynamisme et la bonne santé du FCFA, revient subitement de façon évasive pour nous parler de retrait des réserves de changes. Si le FCFA se porte très bien, pourquoi lui enlever ses plasmocytes (Réserves de change) indispensables à sa bonne santé et à son dynamisme?

Nous pensons, qu’après cet appel lancé par le Président Nana Addo du Ghana sur la politique impérialiste française en Afrique: « Il faut que quelqu’un prenne ses Responsabilités pour que les autres suivent », le Nigéria ayant entendu l’appel, a compris sa place dans la libération du continent africain. Il a donc profité de la négociation sur l’ouverture des frontières avec le Bénin pour exiger du Président Talon une position claire pour sauver l’Eco des mains de la France. Entre, suivre le Nigéria qui lui offre 20% de son revenu et la France qui lui soutire 50% de son revenu, le Président Talon n’a pas le choix que d’abandonner son amour pour le FCFA. La bonne nouvelle, est que le Nigéria arrivera à mettre la Côte d’Ivoire et le Sénégal les défenseurs du FCFA en minorité. Nous savons pour le cas de la Côte d’Ivoire que le Président Ouattara n’entend pas abandonner le FCFA qui lui assure la domination de 8 pays pour aller subir les diktats du géant Nigéria qui fait 15,5fois son PIB.

Désormais il faut compter 05 pays sur les 8, avec des positions claires sur la mort effective du FCFA. Ce sont : Le Burkina Faso, le Niger, Le Togo, la Guinée Bissau, le Bénin et dans une moindre mesure le Mali. Les jours qui suivront, le Bénin bénéficiera d’un assouplissement dans la fermeture de ses frontières avec le Nigéria. Mais le Nigéria doit continuer sa pression jusqu’à ce que le Bénin et le Togo déclarent la guerre monétaire à la France en exigeant le retrait sans condition de leurs réserves de change du trésor français. Cela doit se faire sous forme d'adresse à la nation afin de prendre l'opinion publique à témoin. La France n'aura pas d'autre choix que de céder. C’est une occasion offerte aux Panafricanistes de multiplier leur soutien aux Dirigeants Africains à tenir ferme face à la France dans la guerre monétaire que le Nigéria vient de déclarer à partir du Bénin. Le Peuple Béninois doit multiplier la pression sur son Président afin qu’il retire définitivement ses réserves de change.

Dans les prochains jours les médias français essayeront de diaboliser le Nigéria. Ils essayeront de détourner l’attention de l’opinion publique pour noyer les questions du FCFA en parlant de politique protectionniste sévère. Ils parleront même de crime, de violation flagrante des accords internationaux. Elle utilisera sa soi disant « communauté internationale » pour engager des sanctions contre le Nigeria. Elle pourra même ressusciter la maladie « à virus Ebola », ou inventera d'autres virus contre le Nigeria.

Maintenant que le Président Béninois a ouvert les portes de son pays au terrorisme français à travers sa déclaration, il ne reste plus qu'à s'entendre avec le Burkina Faso, le Mali et Niger pour s'engager dans le combat. C’est le moment aussi pour le peuple Béninois et tous les Africains de réclamer la fin immédiate du FCFA et de ces accords monétaires bidons appauvrissants et avilissants.

En ce qui concerne les accords de partenariat économique avec la RCI, le Nigéria et le Ghana sont les premiers exportateurs de pétrole brut dans la sous région. Or la Côte d’Ivoire est un importateur brut de pétrole. Il faut souligner que la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont vendu la totalité de leur pétrole à la France. La Côte d’Ivoire par exemple importe tout son pétrole avec le Nigéria pour le raffiner dans les raffineries françaises installées chez lui pour sa propre consommation. En Décembre 2018, la Côte d’Ivoire avait eu un retard de payement de sa facture avec le Nigeria. Elle a voulu négocier un délai supplémentaire, mais le Nigéria a été catégorique menaçant d’interrompre ses livraisons. En affaire, le Nigéria n'est pas flexible et cela inquiète la Côte d'Ivoire. Elle sera donc obligée à moyen terme de revoir sa politique de glorification du CFA au risque de se retrouver sous les pieds du géant. Pendant ce temps, le Niger, le Mali et le Burkina Faso sont en phase de devenir de potentiels exportateurs de pétrole.

La fin de l’hégémonie française est désormais à portée de mains ; peuple africain. Que les Dirigeants Africains impliquent leur peuple dans la lutte qu’ils ont engagée. Cette guerre ne peut se gagner dans les couloirs de la diplomatie classique à la manière de Ouagadougou. Elle ne peut non plus se gagner avec des dirigeants corrompus au plus haut sommet des Etats qui font la une des parutions et qui ne sont guère inquiétés. Le peuple est prêt pour affronter son destin. « Quand le peuple se met debout, l’impérialisme et ses alliés tremblent » Cde Cpt Thomas SANKARA.
A bas le terrorisme français !
Victoire au peuple !


Œil D’Afrik
Le ¨Président
Larba Israël LOMPO

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