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lundi 30 novembre 2020

CAMEROUN : SEBASTIEN NADOT EST-IL EN TRAIN DE SAUVER LES MEUBLES DE LA FRANCE OU EST-IL EN TRAIN DE VERSER DE L'EAU DANS LEUR VIN?

 

Je réfléchis depuis sur la politique de la chaise vide de la France au Conseil de sécurité et ses conséquences, et sur ses conséquences en termes de manœuvres. Eh bien:

1) les USA assurent la présidence du Conseil de sécurité depuis le 1 décembre, et cela pour un mandat d'un mois. Le mandat finit donc le 1 janvier 2020, et on y ajoute les fêtes qui en soustraient une semaine. Durant ce mandat important pour nous, le dossier du Cameroun est bousculé par les USA sur la table des discussions, et le principe d'une résolution demandant une commission d'enquête est mis sur la table, supporte par, l'Angleterre, mais aussi, la Belgique, et à l'extérieur, les Pays bas, etc. Notons quels 1 janvier 2020, ce sera fini, et on passera à une autre présidence, peut-être et sans doute d'autres dossiers. La France absente rend donc le débat véritable impossible, ce qui est une manœuvre politique bien évidemment.

2) La France, absente durant cette session de décembre, sous la présidence des USA, pourra donc de manière très procédurale mettre tout simplement d'autres dossiers à l'ordre du jour, et on passerait donc à autre chose. Seulement, ici entre en jeu la question de Sebastien Nadot, question qui n'a pas reçu de réponse écrite comme il se doit dans la procédure parlementaire à l’Assemblée nationale française - et j’avais la question depuis un mois - et qu'il a posée en séance plénière comme question orale, dans son absolue solitude et devant le rire des gens autour de lui, qui faisaient autre chose carrément, Assemblée qui a pourtant un Groupe d'amitié France-Cameroun lui-même silencieux.

3) Ce que Nadot veut, c'est effectivement une commission d'enquête, comme les USA, alors, la France va-t-elle se taire sur cette question en janvier 2020 quand elle occupera sa chaise vide? La gravite de la demande des USA est claire, et lisible je pense dans les résultats de la commission d'enquête sur le Soudan, qui dit que celle-ci n'a pas pu déterminer s'il y'avait génocide au Darfour, et s'en réfère à une autre cour pour le faire : Bien spécifiquement à la CPI. Autrement dit, la commission d'enquête de l'ONU n'établit pas s'il y'a génocide, et s'en réfère à la CPI pour établir si des actes de génocide ont été commis par des membres du gouvernement et autres, et cela 'au cas par cas' - c'est écrit dans le texte de la commission Soudan de l'ONU! 'On a case by case basis.'

4) L'ONU ne décide pas s'il y'a génocide ou pas, ce n'est pas sa fonction statutaire, mais celle d'une cour - la CPI, 'au cas par cas.' Ça fait sens. Dans ce cas, Sebastien Nadot est en train soit de a) fermer la porte de sortie de la France et donc de rendre sa politique de la chaise vide au Conseil de sécurité avec passage à autre chose dès le 1 janvier 2020 impossible, ou alors b) de donner à la France une sortie honorable dans ce dossier sanglant, en lui permettant de répondre donc en janvier par l'agrément d'une commission d'enquête sur le Cameroun, ce qui permettait à une commission de faire son travail, comme au Soudan par exemple d'établir qu'il n'y a pas génocide, et, comme au Soudan encore, s'en référer pour le cas par cas des actes génocidaires, à la CPI.

 

Patrice Nganang

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