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vendredi 13 décembre 2019

PARTICIPATION DU SDF AUX ELECTIONS LOCALES DE 2020, UNE ÉNIÈME TRAHISON DU PARTI QUI INSTRUMENTALISE LA CRISE ANGLOPHONE POUR RENFORCER SON ALLIANCE AVEC PAUL BIYA.


Malgré les recommandations de la société civile, partis politiques partenaires nationaux et internationaux sur les reformes du système électoral, Paul Biya poursuit son agenda pour le statut quo avec l’aide du Social Démocratique Front de John Fru Ndi qui au grand mépris des souffrances des populations du NOSO, annonce sa participation pour les élections locales.

Lors de la présidentielle de 2018, le candidat du SDF Joshua Osih avait évoqué une  kyrielle d’irrégularités ayant compromis durablement la sincérité du résultat dans le NOSO car selon lui,  « il était impossible » que le vote ait lieu en zones anglophones, dénonçant « l’impuissance de l’administration ».

Le SDF et le Grand Dialogue National

Entre Février 2018 et Novembre 2019, le nombre de morts dans le Noso est passé de 1840 à 3000, l’insécurité s’est aggravée malgré la tenue du GDN.

Le 26 Septembre alors qu’il est reçu par le premier ministre Dion Ngute dans le cadre d’une concertation pour le Grand Dialogue National,  le candidat pour le SDF à la présidentielle de 2018 déclarait « Maintenant c’est un problème qui ne concerne pas la crise anglophone. La crise anglophone est à mes yeux 100 mille fois plus importante à régler que celui-là. Tous les problèmes sont importants à régler, mais la priorité des priorités c’est le retour à la paix dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest».

Peut-être pouvait-on espérer un dialogue sur le fédéralisme comme l’ont toujours souhaité les populations du NOSO car depuis le début de la crise anglophone, il y a jamais eu débat ni au parlement, ni à l’assemblée nationale sur la crise anglophone, ce malgré la présence des députés SDF dans les deux institutions.

A la surprise générale, le dialogue auquel participait le SDF pour résoudre la crise anglophone s’est transformé en une rencontre entre élites du RDPC, Paul Biya a exigé catégorique : « Pas de débat sur le fédéralisme ».Qu’allait donc faire le SDF dans ce dialogue si malgré le choix de priorité de Joshua, Paul Biya a mis son veto d’entrée de jeu ?

« Le SDF est allé donner du crédit  à cet évènement, l’on a entendu Joshua Osih lors de ce dialogue dire  avoir été contacté par les sécessionnistes qui souhaitaient quitter la brousse et renoncer à la sécession. Que s’est-il passé entre temps, RIEN » explique un observateur politique camerounais avant de poursuivre : « L'image du président Paul Biya s’est  améliorée sur le plan international, grâce au SDF même si la situation est compliquée sur le terrain. »

Les résolutions du dialogue et les recommandations des partenaires nationaux et internationaux.

Le SDF a curieusement participé à un dialogue sur la crise anglophone sans débat sur la principale revendication des populations anglophones. Pire, aucune des résolutions formulées par les participants à ce dialogue n’a suscité la moindre réaction chez Paul Biya qui a préféré renforcer son pouvoir législatif en convoquant le corps électoral pour les élections locales sans modification du système électoral, et ce malgré les morts du NOSO.

Quelques mois après le début de la crise, les populations du NOSO avaient exigé  la démission des députés SDF à l’assemblée nationale du pays car malgré  leur présence  à l’hémicycle et au parlement ils n’ont jamais réussi à susciter le moindre débat sur la crise dans le NOSO ?

Trahison du SDF et l’affaire Wirba

Lorsque la crise anglophone éclatait en 2016, Joseph Wirba, député SDF de Bui   prit la parole à l’hémicycle pour lancer le débat sur la marginalisation des anglophones et les incohérences de l’administration .Non seulement le SDF s’est désolidarisé des actions de l’honorable Wirba, pire encore, Ni John Fru Ndi ne l’a pas soutenu lorsqu’un mandat d’arrêt international a été émis contre lui alors qu’il était couvert par l’immunité parlementaire.

Les actions de Wirba avaient pour but d’informer la nation toute entière sur les vrais enjeux des revendications des anglophones, ce qui sans doute allait créer une solidarité nationale.

« Le SDF  a aidé le gouvernement à faire un black-out sur la nature des revendications des populations du Noso. » lance notre observateur anonyme.


Albin Njilo

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