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samedi 21 septembre 2019

Banditisme d’Etat : Le fils de Nganou Djoumessi dans la tourmente

Il est rattrapé par une affaire d’acquisition de terrain.

Certains collaborateurs du chef de l’Etat brillent surtout par leurs casseroles. C’est le cas du ministre des travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi dont les frasques n’ont de cesse de s’étaler dans les colonnes des journaux. La dernière en date éclabousse son fils dans une affaire où l’on comprend très bien que ce Nganou Junior n’a été qu’un individu-écran dans l’acquisition d’un bien immobilier non bâti. En effet, selon le bordereau analytique de la conservation foncière de la Mefou-et-Akono dont nous avons eu copie, l’on apprend que Franck Martial Leduc Nganou, le fils de l’autre, est l’heureux acquéreur d’une parcelle de terrain située à Bankomo-Village, d’une superficie de 3 hectares. Coût de la transaction, 45 millions de frs cfa. Le fait date de février 2014. Cela ne poserait aucun problème s’il n’y avait pas des détails contenus dans ce bordereau analytique qui soulèvent quelques questions.

D’abord, l’on apprend que Franck Nganou est étudiant, né en 1989. A l’époque des faits, il avait 25 ans donc, a acquis un terrain d’une valeur de 45 millions. Comment est-ce qu’un étudiant de cet âge-là, c’est-à-dire quelqu’un qui, à priori, n’est pas encore professionnellement actif, a-t-il pu rassembler une telle somme d’argent ? D’où est-ce que cet argent vient-il ?

L’on comprend aisément qu’il y a une ombre qui derrière l’affaire se tenait et pilotait ce dossier. Sans doute l’ombre du père.

Au nom du père…et du fils

Dans le souci de vouloir absolument dissimuler, la vérité peut finir par vous exploser au visage. C’est ce dont il est question ici. Ce type d’acquisition par individu-écran peut produire des effets pervers car, il suffit juste de gratter la couche de peinture pour découvrir qui en réalité est le véritable bénéficiaire de la transaction. Mais, bien plus, c’est mettre le fiston dans une position très délicate au cas il serait appelé à se justifier. Majeur, lui aussi pourrait se retrouver emporter dans le même maelstrom que son père. Hélas, cette pratique est l’apanage des cadors de la République qui, voyant qu’ils ne peuvent pas toujours justifier leurs achats, sont obligés de sous-traiter leurs actes d’acquisition via des proches. Le cas Nganou vient en tout cas rappeler l’existence d’un népotisme d’Etat. Rappelons bien que l’un de ses fils, Boris Nganou, est aujourd’hui pieds et poings liés dans l’affaire Camtel, dans le cadre de la gestion d’un dossier de 3 milliards.  On n’en a pas encore fini avec celui-là que surgit le dossier d’un autre Nganou Junior.

C’est à croire que la progéniture a de qui tenir, car le père est considéré comme l’un des plus grands fossoyeurs des caisses de l’Etat. Ses différents passages dans les hautes fonctions qu’il a eu à occuper ont laissé des traces indélébiles. Ses passages au ministère de l’économie et au ministère des travaux publics ont laissé un goût amer. Cité dans de nombreuses affaires dont l’un des plus majeurs reste sans doute le projet PROBABS, Nganou Djoumessi croit pouvoir s’en sortir parce qu’il est toujours un membre du gouvernement. Impunité ? Paul Biya a toujours prouvé dans sa gestion qu’il n’était jamais pressé d’enclencher la descente aux enfers de ses collaborateurs ; mais, que lorsqu’il le fait, c’est avec assurance et détermination. Le cas Mebe Ngo’o nous parle si bien. Il se croyait intouchable. Aujourd’hui, c’est un bagnard. Le pouvoir aveugle et Nganou ne voit pas encore ce qui se dessine contre lui. Le jour où il ouvrira enfin les yeux, il sera derrière les barreaux.

 Source : L'Avenir

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