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samedi 21 septembre 2019

Créer la division au sein du MRC et isoler Maurice Kamto : La nouvelle stratégie du régime

Le 22 Juillet une mutinerie éclate dans la prison centrale de Yaoundé Kondengui. Le régime y trouve le prétexte idéal pour régler le compte de son pire ennemi politique, le MRC. Le vice-président Mamadou Mota est molesté, piétiné et sérieusement tabassé par un groupe d’élite de l’armée puis jeté dans la prison du Secrétariat d’Etat à la Défense (SED).

 Avec lui, plusieurs autres militants, n’ayant pourtant pas participé à la mutinerie, sont violemment extraits de leurs cellules, puis  sauvagement battus, dont Serge Branco Nana, arrêté lors de la marche de Février 2019 et incarcéré sans jugement, dont l’état reste inquiétant.

Alors que les débats faisaient  rage sur les différentes responsabilités au sein de l’appareil étatique avec le Ministre de la Justice au banc des accusés par  une partie de la presse nationale et internationale, un cadre du MRC , contre tout attente, a surpris les auditeurs du débat télévisé de Serge Alain Ntone, sur Equinoxe soir .Ce cadre, qui pourtant a été en prison pour les mêmes marches que Kamto, mais libéré immédiatement pour des raisons que seul lui et les juges connaissent, a déclaré qu’il lui était impossible de critiquer le ministre Laurent Esso parce qu’il a l’âge de son père. Pour le cadre du MRC, le Ministre de la Justice n’avait aucune responsabilité, ni dans la mutinerie, ni dans le surpeuplement des prisons, ni dans le déplacement illégal des prisonniers d’un centre de détention vers un autre… une position qui a surpris les téléspectateurs qui depuis six mois assistent à un spectacle inédit dans les tribunaux du pays. Qui l’eut cru ?

La mobilisation autour de Kamto

Depuis le début de la crise post-électorale, le régime Biya, malgré les critiques et discours d’organes de droits de l’homme et autres panelistes des débats télé n’a cessé d’opter pour le pourrissement en durcissant la répression, bénéficiant d’un black-out diplomatique systématique et déterminé de la France.

S’il y’a un détail qui avait échappé au régime, c’était la capacité de mobilisation de la  résistance. A travers les marches, collectes de fonds, soutiens aux prisonniers et sensibilisations au quotidien des populations, cette mobilisation est sans cesse croissante, et l’indignation populaire gagne du terrain.

Patrice Nganang à travers son programme JSK est au cœur de cette stratégie, lui qui de manière personnelle, a fait des membres de la coalition, les mascottes de son programme « le chassement ».L’action coordonnée des mouvements JSK et de la BAS ont à travers l’alibi du Hold-Up contre le président Maurice Kamto font  boiter le régime en le frappant sur son talon d’Achille. Après les évènements de Genève et les marches de Paris, le régime Biya est plus que jamais exposé.

Isoler Nganang et tuer la mobilisation

Apres plusieurs tentatives visant à isoler Nganang, sa notoriété n’a cessé de croitre, il fallait passer à une nouvelle stratégie qui consiste ici plutôt à diviser la résistance de l’intérieur. A travers les déclarations de Lebon Datchoua relayées par le TGV de l’info, ce cadre du MRC estime que le parti se serait divisé en deux, le camp anti Nganang et celui des pros Nganang, ces derniers constitués d’affamés. Des propos une fois de plus curieux de  cadre du MRC, fils spirituel de Laurent Esso, au moment où le parti a besoin d’être soudé, au moment où la coalition a besoin de se concentrer sur la résistance. Ces propos visent en fait à pousser les pro-Nganang à prendre position de manière ouverte et autonome, en s’éloignant des anti-Nganang, pour aller vers une véritable fissure au sein de la résistance.

« Les leaders de la coalition incarcérés sont manipulés par certains cadres du parti, qui sont devenus des agents doubles et se préoccupent de leur avenir financier. Il faut faire très attention dans l’environnement politique actuel où le régime est prêt à tous les sacrifices pour briser la résistance. Le nom de Penda Ekoka serait en train de retentir dans le monde entier si ces mêmes gens n’avaient pas poussé le Conseiller du Président à se désolidariser de la collecte de fond pour les enfants des prisonniers au prétexte que son nom était mêlé malgré lui, comme si pour nommer un collège Molière, j’avais besoin de l’avis de ses héritiers, ou alors Mongo Fire a-t-il demandé l’avis de Nelson Mandela pour lui dédier une chanson ?» estime un universitaire ?

La France ne veut pas d’un Bamiléké au pouvoir

« Comme je vous l’ai déjà dit, notre libération viendra de nous-mêmes et de personne d’autre. On peut vous accompagner, mais personne ne se substituera à vous, au peuple camerounais »Maurice Kamto le 28 Avril 2019.

A travers la lettre des avocats de Maurice Kamto au ministre français  Le Drian, la coalition s’active sur le plan diplomatique pour faire tomber  le régime Biya qui prépare pour le 06 Septembre leur condamnation à vie. Au-delà de la diplomatie, il y’a les fantassins qui influencent  le rapport de force.   « Et si Kamto était condamné et la France refusait de suivre la résolution de l’UA ? ».Conclut notre universitaire.

Tout sauf Kamto

Christian Penda Ekoka lors de la dernière sortie des membres de la coalition a mentionné la tenue d’une élection présidentielle anticipée .Tibor Nagy et plusieurs partenaires internationaux sont formels sur la nécessité d’une refonte du code électoral et une élection présidentielle anticipée sans le candidat Biya. Le régime du président Biya ayant fait de ce dernière leur agneau sacrificiel pourrait se reproduire à travers un nouveau candidat .Difficile d’en fabriquer au sein du sérail, il faut mouler Cabral Libii. Mamadou Mota, vice-président du MRC  fut approché par le régime pour rejoindre Cabral, après lui, plusieurs autres figures de l’opposition et de la société civile auraient été rapprochées pour un plan B du régime et de la France. Ses meeting sont retransmis dans les medias Canal 2 et CRTV. Pour y parvenir, il faut diviser le MRC et isoler Maurice Kamto.


Albin Njilo

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