Breaking News :

samedi 21 septembre 2019

« Le choix de la politique énergétique d’un pays est sans doute un élément majeur pour sa prospérité car l’énergie est au cœur du progrès de toute nation »

« Le choix de la politique énergétique d’un pays est sans doute un élément majeur pour sa prospérité car l’énergie est au cœur du progrès de toute nation »

 

La question énergétique est d’une importance cruciale pour le développement surtout industriel de notre société. La maîtrise du problème énergétique par les Etats permet à ceux-ci de donner les orientations à courts termes et à longs termes pour l’émergence de leur nation. Le choix de la politique énergétique d’un pays est sans doute un élément majeur pour sa prospérité car l’énergie est au cœur du progrès de toute nation. On voit bien de nos jours même dans les relations internationales que la question énergétique est très souvent au centre des discussions car elle permet aux différents pays de se relier par le biais des réseaux interconnectés parfois un gage pour une stabilité énergétique dans ces différents pays. 

Deuxième potentiel hydroélectrique en Afrique subsaharienne évalué à 13 700 MW, le Cameroun, qui ne fournit l'électricité qu'à 3 millions de ses plus de 20 millions d'habitants selon les informations publiées par l’agence de presse chinoise Xinhua en 2017. Sur plus de 13.014 villages jugés électrifiables, seuls 2.300 bénéficient d'un raccordement au réseau électrique.

Malgré l'entrée en service de la centrale à gaz de Kribi dans le Sud-Cameroun en avril 2013   la capacité totale du pays n’a pas franchi le cap de 1.233 MW.

En nous questionnant du phénomène actuel des délestages permanents qui se passe dans la capitale du pays. Il est nécessaire de se poser l’ultime question de l’origine de ces délestages. Il faut d’abord noter que le délestage est une action parfois humaine visant à prévenir les risques d'effondrement brusque en tension ou en fréquence, susceptibles d’entraîner la coupure de la totalité d'un réseau électrique. On peut comprendre parfois que les opérateurs de réseaux sont dans certains cas contraints de prendre des décisions de délestage selon la situation qui prévaut. C’est ainsi qu’il est nécessaire de comprendre qu’une action de délestage électrique est bien circonscrite à une situation bien précise. Pour le cas de notre pays est ce qu’il ne fallait pas dès l’existence de SONEL passant AES SONEL réfléchir sérieusement sur un système managérial visant à établir un système de gestion de l’ensemble des réseaux (Hautes, moyennes et bases tensions) en tenant compte de la croissance démographique car Cameroun étant pays ayant une base de la population essentielle jeune il était évident que nous devions faire face à une forte demande des consommateurs dans le temps pour ce qui est de la partie consommée par les foyers. Au-delà des ménages comme matrix de consommation de l’énergie électrique, il était aussi nécessaire de faire prévoir le changement des profils de consommation énergétique des industries et la nécessite d’une interconnection des réseaux des pays de la sous-région CEMAC ceci pour faire face en cas de Black-out dans un pays voisin ou vis versa. A ce système de Management préventif on devrait plus mettre un accent sur la sérieuse maintenance ainsi qu’à la modernisation dans le temps des réseaux de transport jusqu’au réseau de distribution (niveau d’énergie de base tension – BT). La maintenance du réseau un facteur très déterminant pour la solidité et sur la fiabilité de ce dernier car chaque composante électrique intégrée dans le système de transmission ou de distribution à un rôle clé dans le fonctionnement du système. Il faut aussi noter que chaque appareil électrique à un cycle de vie bien définir par le fabricant et des périodes de maintenance bien élaborées. Un bon suivi du cycle de maintenance et surtout le respect des normes prescrites pour le bon fonctionnement de chaque composante électrique permet au réseau de résister dans le temps.

Aujourd’hui peut-on véritablement parler d’une émergence à l’horizon en gérant le problème de l’énergie d’un pays par improvisation. La construction des barrages dans un pays sans avoir les réseaux de transport ou distribution fiables et robustes peut-elle garantir à courts et à longs termes le besoin en énergie de la population et celui des industries. En prenant le cas spécifique de notre pays, nous n’avons pratiquement pas interconnections du réseau de transport Nord et Sud qui est un véritable problème en cas de délestage général d’une partie ou d’une région du pays. Une interconnection pourrait permettre d’établir un équilibre dans le réseau principal en cas délestage s’il en existait par le biais de la redondance dans le couplage des réseaux Nord et Sud. Il est nécessaire à chaque fois quand on veut mener les travaux de construction des barrages de production on doit s’assurer du transport et la distribution de l’énergie vers les consommateurs avec une perte minimale. Il faut aussi bine noter que la construction des barrages ne sont pas des projets complexes dans le concept général d’une politique énergétique car la construction des barrages particulièrement de type hydro-électrique est d’ordre standard avec les normes connues qui encadrent la construction donc le nœud du problème dans cette politique énergétique résident pour l’essentiel dans la mise sur pied d’un réseau de transport et de distribution stable, fiable et robuste. Les projets de construction des différents barrages n’étaient pas la priorité, il fallait s’assurer d’abord que le transport et la distribution de l’énergie une fois produite pourrait arriver chez le consommateur sans problème. Le véritable problème actuel à Yaoundé est l’état catastrophique dans lequel se trouve notre réseau de distribution je ne veux pas évoquer celui du transport qui par lui seul engendre environ 30% de perte d’énergie.

 

S’agissant du délestage actuel on pourrait parler d’un délestage sur ordre car la consommation et la mise en service des lignes est bien définit sur une période de temps définit mais il est aussi important de noter que l’action est volontaire pour éviter une forte demande des consommateurs et l’opérateur incapable probablement de satisfaire le besoin est obligé de procéder aux coupures volontaires. Ce genre délestage prouve à suffisance l’incapacité de l’opérateur à couvrir les besoins de la population en énergie. Quand on regarde de près le tableau de gestion d’énergie fournit par l’operateur on se rend compte les postes de sources sont incapables de fournir aux consommateurs à temps permanent de l’énergie alors il pourrait bien s’agir d’un cas de figure d’un délestage sur comptage de l'énergie sur le réseau de transport HTA, rendu nécessaire, dès lors que la mesure automatique de la moyenne de la puissance consommée indique un dépassement de la puissance souscrite aux consommateurs. On peut envisager deux scénaries pour venir à bout de cette situation. Soit on accroît la production dans les centrales source pour couvrir le besoin ce qui ne pourrait probablement pas être la solution car un déficit d’énergie est bien connu dans notre pays du fait de la haute demande de consommation. Si les HTA sont en période de maintenance alors dans ce cas on peut substituer les postes HTA par les postes mobiles construits sous formes de conteneurs et embarqués par des véhicules spéciaux de transport. Ces mobiles permettent de dévier les lignes HTA vers les postes mobiles et ceux servent relais de transport lors de la maintenance. Cette pratique est connue des opérateurs à travers le monde. Une autre cause des délestages pourrait être l’avarie des câbles de transport ou de distribution qui sont entrain probablement d’être remplacés. Ceci revient au mauvais management des projets évoquée ci-dessus car on a construit des barrages en premier ressort au lieu d’abord de s’assurer de la qualité du réseau avant la finition de la construction des barrages.

Depuis le début des années 2000 jusqu’ présent, le Cameroun perd plus de 30 % de sa production hydroélectrique du fait des lignes de transport défectueuses.

En définitive, le véritable problème de l’état actuel de notre déficit en énergie et des nombreux délestages est lié à un management non proactif pour faire face aux paramètres cruciaux tels que la croissance démographique, l’extension et la maintenance du réseau et surtout d’une politique d’énergie d’intégration entre pays de la sous-région s’il faut se limiter à la zone CEMAC et surtout de  pour une planification à long termes intégrant d’autres sources d’énergie non exploitées jusqu’ici comme l’énergie solaire, la géothermique, la biomasse etc…



Par Alain Yonkeu (Vice-Président Agir)

Partager
Mot clé :

Laisser un commentaire

Souscrire à notre newsletter

Rejoignez notre newsletter et obtenez les dernières actualités dans votre boîte de réception.