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samedi 19 octobre 2019

Le psittacisme comportemental contemporain, ou l’étrange reproduction socio-historique de certaines ‘’élites’’ politiques Camerounaise : L’avènement des Ninines nouveaux.

« Il serait une erreur de considérer qu’il y’a des impérialistes ‘’plus gentils’’ que d’autres. Ils sont tous des loups, par conséquent méchants, et emploient les mêmes méthodes pour retarder notre évolution » 

 - R. Um NYOBE dans son intervention durant un Congrès (14 – 17 Décembre 1951) se déroulant à Kumba.


 « Tout d’abord, les colonialistes français ne partiront par la porte qu’après avoir pris toutes les dispositions pour rentrer par la fenêtre » extrait d’un manifeste signé par Félix-Roland MOUMIE, Ernest OUANDIE et Abel KINGUE, à la veille du 1r Janvier 1960, date de l’Indépendance Camerounaise telle qu'obtenue à l’ONU.


Joseph TCHUNDJANG POUEMI, dont Jacques ATALI se vantait, à juste titre, de l’amitié, fut Agrégé d’économie au collège de France bien avant DSK et devint fonctionnaire du FMI dont il démissionna en raison de son éthique humaniste en profonde contradiction avec cette institution. Il a écrit "Monnaie servitude et liberté" et voit de l’au-delà survenir tout ce contre quoi il avait non seulement mis en garde le continent noir et sa jeunesse, mais aussi le reste  du monde, et l’Europe en particulier, car le Français Jacques Delors, Président de la Commission Economique Européenne (CEE), ès qualité, sollicita ses lumières en l’invitant à exposer devant un panel trié sur le volet d’économistes européens, TCHUNDJANG le savant y fit la démonstration du caractère structurel et non conjoncturel de la crise économique et évoqua la nécessité d’un train de réformes allant des institutions de Bretton Woods à celles de la CEE (ancêtre de l’actuelle Union Européenne) et de la nécessité pour cette dernière de réaliser une unité politique européenne accomplie. Esprit brillant qui de sa propre bouche confia à la sortie de son livre monnaie servitude et liberté, que cette œuvre lui avait demandé 15 années de travail continu pour aboutir au bouclage de sa rédaction. Le livre de TCHUNDJANG est un monument d’intelligence, de sagesse et d’utilité. Il y remet notamment en question l’existence du FCFA qu’il assimile à un outil d’asservissement des peuples qui en font l’usage. 

La nouvelle tendance est à l’outrecuidance creuse et péremptoire. Ainsi, en est-il de quelques uns qui ont le toupet de contredire dans des interviews, des conférences, ou des posts tous plus hallucinants les uns que les autres, et remplis d’élucubrations semi rationnelles paranormales des esprits àl’intelligence hors norme tel TCHUNDJANG POUEMI. 

Avis aux monnaie-sceptiques,l’impérieuse nécessité de remettre en question, et à terme de remplacer le FCFA par une monnaie inventée par nous même ne réside pas seulement dans les gains substantiels que cela engendrerait sur l’économie Camerounaise. Il s’agit aussi, et surtout de relever un challenge, d’accomplir une prouesse, en mettant sur pieds une infrastructure complexe, humaine, technique et technologique, un assemblage ingénieux et audacieux. 


Réussir cela dans, pour, et par la monnaie serait prémonitoire de ce qui peut-être fait ailleurs. 

En effet ce qui peut-être fait pour la monnaie le sera pour la santé, pour l’éducation, pour la sécurité, et chacun des autres secteurs clés de la nation. Un tel défi est exaltant pour tout esprit intelligent et assoiffé de solutions.

 

Au contraire, les paresseux dont le statut psychologique ci-devant décrit sous les traits du loir ont en dehors de l’immobilisme et du statu quo, un autre trait de caractère qui rime parfaitement avec le précédent. En effet ils sont également de gros poltrons totalement tétanisés par l’inconnu et l’adversité. 


Dès lors comment pourraient-ils, ceux qui ont peur aujourd’hui de parler du FCFA et de son indispensable liquidation, parler des enjeux de santé publique, de ceux économiques, culturels ou encore sécuritaires, car tous autant qu’ils sont, ils reposent sur des ressorts dont le matériau constitutif de base commune obéit au principe général qui gouverne l’asservissement monétaire? 


En d’autres termes comment un politique crédible peut-il prétendre sortir un pays comme le Cameroun du gouffre de pauvreté et de misère dans lequel plus de cinquante ans d’ingouvernance continue l’ont plongé, s’il ne résout pas dans la problématique de la monnaie le problème commun àtous les autres secteurs en panne au Cameroun ? 


En somme le néocolonialisme est l’ADN fondamental structurant du génome du sous-développement, cette implacable réalité est encore plus lourde de sens dans les pays du continents noir où on parle Français. Dans ces pays là, le pack néocolonial, à l’image des vases communicants est un attelage hétéroclite cohéro-incohérent hautement instable. Une chaine d’éléments qui se tiennent, car issus d’un montage en série, et qui produit un cercle vicieux pour nous via ses effets catastrophiques. A l’inverse, il produit un cercle vertueux pour les Etats tels celui Français qui en ressentent les effets en termes positifs et bénéfiques. 


Ceux dont je dénonce ici l’attentisme fourvoyeur, sont des mouches tsé-tsé de l’inaction, qui inoculent le virus du passéisme et de l’attentisme sclérosant par leurs discours aux relents hypnotiques et berceurs visant l’endormissement général et l’acceptation du statu quo ambiant de notre situation infernale et infamante, de mendiants couverts d’or. Par exemple, ils prétendent que la question du FCFA et sa remise en question n’est pas impérative.


Comme à l’accoutumée, l’histoire semble se répéter. En effet, au temps honteux de la tutelle que la France exerçait sur le Cameroun au nom de l’ONU, la France conçu le projet d’empêcher à terme l’indépendance du Cameroun. Pour ce faire elle suscita de toutes pièces des ‘’hommes politiques’’ façon diablo es machina. Ces politiciens ‘’créatures de Frankenstein’’, en parfaits automates téléguidés par leur créateur Français, se battirent de toutes leurs forces contre l’Indépendance du Cameroun à l’image du sieur Ahidjo. Hélas pour eux ils perdirent la partie face à UM NYOBE, MOUMIE, OUANDIE, KINGUE,OSSENDEAFANA, pour ne citer qu’eux. Lorsque la résistance au colonialisme Français eu rendue l’Indépendance du Cameroun inéluctable, les manœuvres Françaises à l’ONU visèrent àobtenir de sa Commission de tutelle la dévolution du pouvoir de gouverner le pays prochainement indépendant à ceux qui avaient perdu la bataille de l’indépendance. 

Sieur Ahidjo se précipita goulument sur les leviers du gouvernement politique absolu en y perdant au passage le peu d’âme qui lui restait, en s’engageant, devant ses maîtres Français, à l’élimination de ceux qui furent les artisans de l’Indépendance et à la signature sans réserves des accords de coopération sous-développants qui régissent les pans les plus déterminants de la vie du Cameroun depuis lors. Aujourd’hui encore il existe au Cameroun des signes de la persistance des mêmes ‘’principes’’ dans la gouvernance quotidienne. Ainsi des candidats battus aux élections municipales peuvent être nommés par décret présidentiel, Délégué du Gouvernement de telle communauté urbaine, avec des prérogatives exorbitantes celles des maires dont ils se retrouvent désormais les ‘’patrons’’. 

Des repris de justice accéder à des postes de responsabilité habituellement dévolus aux personnes dont la moralité est inattaquable… etc. 


Ainsi les ninines nouveaux fleurissent-ils au printemps de la redistribution chimérique de ladonne par le maître Français, seulement le maître cache à ses esclaves qu’il est démasqué affaibli et pas loin des abois. Les préposés néocoloniaux qui aujourd’hui s’opposent à l’élimination du FCFA et donc des accords soi-disant de coopération et autres scories du genre avec la France, ont torts. 


Ces ninines nouveaux, comme leurs modèles d’antan perdront cette bataille et cette guerre, car c’est le sort de toute logique rétrograde contraire à l’intérêt général. Des leaders aspirants, prétendants, ou prétendus, qui prennent leurs peurs pour celles des autres, qui prennent leurs insuffisances pour celles des Camerounais. Qui ne voient que des problèmes et les récitent en litanies assommantes. Insensibles, réticents, ou alors inaptes au dépassement de soi, ils veulent faire croire que les solutions qu’ils n’envisagent, qu’ils ne voient, qui leur échappent, ou qu’ils ne sont en mesure de comprendre n’existent pas. 


Alors que cela soit clair une bonne foi pour toute. L’aune à laquelle se jaugera désormais le patriotisme et le sens de l’Etat des hommes politiques désireux de gouverner le Cameroun et l’Etat de la nation noire à venir, sera relatif à leur position sur les survivances coloniales et néocoloniales inadmissibles que sont la monnaie (en l’occurrence le FCFA) et lanécessité de rompre avec le gouvernement Français et son avant-garde oligarchique masquée sous les traits de ‘’multinationales’’ et autres holdings bolloréennes sinistres et sous-développantes. Ces derniers étant les véritables et ultimes vautours se repaissant des passe-droits injustes,et odieux qu’ils tirent des accords de coopération qu’il faut sans attendre rebaptiser de leur véritable nom, à savoir accords de sous-développement perpétuel !


Cette rupture primordiale passe donc par l’escamotage de la chape de plomb sous-développante qui se cache dans cette pléthore d’accords culturelle, économique, militaire et autres sornettes du même genre qui ont été signé et garantis au Cameroun par des fantochrates réfractaires indécrottables à la démocratie qui ont présidé aux destinées du Cameroun jusqu’à nos jours. 


La prétendue monnaie CFA est un des produits les plus vivaces de ce sortilège politique maléfique. 

Alors messieurs les ninines nouveaux !


 Pérorez,invectivez, et affichez plus que jamais votre outrecuidance c’est en vain. Rengorgez-vous à grand renfort d’arguties et de phraséologies pseudo savantes, vous le faites en pure perte. On n’attend pas des politiques qu’ils partagent les incertitudes des populations dont ils aspirent au gouvernement du destin, on attend d’eux que les incertitudes populaires cèdent le pas à l’optimisme du fait de lendemains qui chantent, voire d’aujourd’hui qui chantent suite à leurs discours-actions. Qu’ils provoquent le surgissement de nouvelles certitudes dans l’imaginaire collectif, d’un monde meilleur du fait des solutions inventées et promues par des politiques à la hauteur des enjeux et à même de planer au dessus des difficultés. 


Messieurs les ninines nouveaux, vous ne ferez pas du Cameroun et du continent noir, une terre ou on force la victime légitime à céder à son bourreau-pilleur-voleur impénitent d’hier, ses biens d’aujourd’hui afin qu’ils aillent de plus belle enrichir l’injuste pactole colonialement très mal acquis du scélérat… 

Oui ninines nouveaux, assurément, vous échouerez, comme ceux qui hier vous ont précédés dans des hérésies du même acabit que les vôtres. Quand àceux qui abordent ces question avec légèreté et ignorance, retenez que faire étalage est un régal pour les esprits lorsque cela porte sur l’érudition, s’il faut comme cela semble désormais être de mise que la démonstration porte sur l’ignorance ou le mensonge, voire les deux à lafois, alors on fait œuvre inutile mais aussi hautement malveillante et nuisible… et pourtant on ne meurt pas en lisant un livre ou deux de temps en temps, voire d’ans en ans.


*de Jules NININE député du Nord Cameroun (notamment dans les années 50 avec Arouna Njoya et Ahidjo) et… français des Antilles. Cet homme, diplômé en droit, avocat de profession et fin rhéteur, fut régulièrement sollicité,en vain, par les autorités Françaises envu d’aller contredire voire dénigrer Um NYOBE dans l’enceinte des Nations Unies à New York, lorsque ce dernier à la tribune de l’ONU y plaidait avec force brio lacause de la Réunificationet de l’Indépendance du Cameroun, de même que la dénonciation des exactions coloniales françaises qui foulaient au pieds les accords de tutelle, la Charte des Nations Unies, les droits et ceux de l’homme en particuliers. Sous la dictée du colonat Français, Ninine vantait les ‘’mérites’’ de la présence Française au Cameroun, et prétendait que les Camerounais s’en réjouissaient majoritairement et en redemandaient de plus belle. Bien sûr il s’agissait de mensonges grossiers et caricaturaux. En un certain sens il était donc le chef de file de ceux qui disaient non à la réunification et l’Indépendance du Cameroun, et donc in fine un adepte de la colonisation perpétuelle.


Bibou Nissack

Article rédigé en Juin 2016

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