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mardi 23 juillet 2019

« Eric Chinje a fait une révélation extraordinaire un jour. » Par Patrice Nganang

Eric Chinje a fait une révélation extraordinaire un jour. Il a dit ceci: quand il était à la Banque mondiale, il a assisté à une réunion des chefs d'Etat, et Paul Biya était-la. Eh bien, le directeur de la Banque mondiale a demandé aux chefs d'Etat de la planète, quel était le problème le plus urgent de leur pays, chacun a dit, développement, la sante, le climat, la mortalité infantile, la construction des gratte-ciels, la fabrication des voitures, la dépopulation, etc.

Quand le tour de Paul Biya est arrivé, il a dit, avec sa voix de beignets-haricots, que le problème du Cameroun, c'était le tribalisme. Oui, vous avez bien lu. Le tribalisme. Le tribalisme pour le Cameroun, c'est l'équivalent du racisme en France. Imaginez donc que Macron dise que le problème le plus urgent de la France, c'est le racisme! C'est impossible. Que Trump dise que le problème le plus urgent des USA, c'est le racisme. Impossible. Eric Chinje n'a pas dit si les chefs d'Etat de la planète ont éclaté de rire ou pas. Il demeure, cette réponse de Biya dit tout sur son système de gouvernement, et pourquoi il ne construit ni gratte-ciel, ni routes, ni hôpitaux, ni voitures, mais des stades par exemple: son système est fonde sur le tribalisme, comme celui de Hitler était fonde sur le racisme.

Les Lions indomptables sont pour lui un exemple d''intégration nationale' - et il l'avait dit en 1983, mentionnant aussi la diaspora jadis. Si son opinion de la diaspora a changé, celle sur les Lions n'a pas. Le tribalisme comme système politique, ce n'est donc pas ce qu'on appelle au pays aujourd'hui, 'discours de la haine', non, c'est la structure même du gouvernement avec des manœuvres qui sont, l'équilibre régional, la nomination des ministres par origine, la constitution de fiefs électoraux par tribu (le parti de Issa Tchiroma n'a que des Haoussa), l'établissement des listes de élites par village, la constitution qui inscrit la différence entre autochtones et allogènes, les députes qui signent une liste par tribu, la constitution de groupes d'autodéfense autochtones dans les quartiers de Yaoundé, etc. La liste est longue de ce qu'on appelle tribalisme d'Etat, et j'espère qu'un jour on fera une étude du tribalisme comme système de Biya base sur la tribu, comme le marxisme est base sur les écrits de Marx, le capitalisme sur le capital, le communisme sur la commune, le racisme sur la race, et l'existentialisme sur l'existence.

Aujourd'hui nous ne sommes plus au niveau de l'étude scientifique, mais de la bataille pour défaire l'ennemi, Biya, dont le système politique est base sur le tribalisme, dont le cœur du système c'est le tribalisme, dont la plus 'grande ambition' ce n'est pas de construire des hôpitaux et des autoroutes, mais plutôt après 'l'intégration nationale' de bâtir le 'vivre ensemble', pour lequel il est en train de commettre un génocide contre les Anglophones. Parce que le cœur de son système c'est moins améliorer les conditions économiques du pays par des grands chantiers d'Etat ou par le réveil de l’esprit d'entreprise - regardez la vilipende Bulu contre les tontines! -, mais bel et bien le tribalisme, celui-ci est donc offensif: c'est Biya qui a le pouvoir, et c'est lui donc qui pousse l'échiquier tribal. Il ne peut pas le faire ouvertement, et pour cela, il a des longs couteaux dont le premier évidemment c'est Gregoire Owona. Lisez bien: je n'ai pas dit Joseph Owona, j'ai bel et bien dit Gregoire Owona. Je n'ai pas non plus dit Sadi, ni Momo, ni d'ailleurs Owona Nguini, mais bel et bien Gregoire Owona. Pourquoi Gregoire Owona? Parce qu'il est sociable - exemple, Bulu, il est l'ami personnel de Richard Bona qui l'a bonafied, il était au deuil de Akere Muna, il a aidé Longue Longue -, parce qu'il n'est pas offensif dans ses manières, parce que ce qu'il dit est consommable. Ça passe sans problème. Voilà pourquoi c'est lui l'attaquant sur la question tribale - c'est lui qui fait les interviews sans scandale, qui dit les phrases qui, quand dites par, disons, Tchiroma seraient explosives, et quand dites par lui, sont acceptées. C'est lui donc qui, en premier a fait un ministre du gouvernement de Biya, lui-même, écrire le mot 'génocide.' Mot que même des gens de Gauche comme Manuel Domergue, co-auteur de 'Kamerun!' on refuse d'utiliser par rapport au Cameroun. Mot que jusqu'ici seul Shanda Tonme utilisait. Dans un pays qui a une longue histoire de génocide - contre les Bassa, 1956-1959, contre les Bamileke, 1959-1970, contre les Nordistes, 1984, et contre les Bamileke encore, 1993, maintenant contre les Anglophones, depuis 2017 -, dans un pays dont le président est soupçonné de génocide comme l'a dit le député suisse, ou le Congres américain avec la Congresswoman Karen Bass es venue enquêter sur le génocide, c'est le ministre Gregoire Owona qui a utilisé le mot génocide de manière offensive pour la première fois dans notre histoire et de celle du régime bulu - 1956-2019.

Notez que le génocide c'est le sommet du tribalisme, car c'est l'intention et la pratique de l'éradication d'un groupe sur la base de son origine soit tribale, soit linguistique, soit religieuse. Le génocide c'est donc le tribalisme ultime, et c'est lui que le gouvernement camerounais a mis en branle en 2017 au Noso, et dont parlent les medias ces derniers jours-ci.

 

Le tribalisme, vous avez compris, sous le régime bulu, est offensif - c'est un tribalisme qui commet donc un génocide, à l'heure où j'écris ces lignes-ci - et qui mènera Biya directement à la CPI, à moins qu'il ne meure au pouvoir. Il n'y a pas plus offensif que le génocide - car c'est l'attaque pour commettre le crime ultime, pour tuer en masse. Devant cela, la réaction ne peut pas être des banalités - non au tribalisme, stop au tribalisme, etc. On ne défait pas le génocide d’Hitler en disant stop au racisme! Non, on développe des tactiques pour le combattre directement, et pour l'écraser. Cette tactique, c'est le tribalisme tactique, base sur une stratégie clairement formulée qui est le communautarisme.

Le tribalisme tactique c'est une position défensive, celle du jeu défensif devant le latéral qui, comme nous savons, est un attaquant cache. Gregoire Owona est le parfait latéral, car c'est un attaquant cache. Il faut ici jouer comme un défenseur qui a le latéral à marquer. Le marquer en levant les mains, c'est-à-dire donc en signalant qu'on ne commet pas de faute, ou alors qu'on n'est pas tribaliste soi-même. Le marquer c'est-à-dire le pousser, lui, a commettre la faute, le provoquer au besoin, afin qu'il commette la faute, afin qu'il traverse la ligne avec le ballon, afin qu'il vous cogne avec les mains, afin qu'il vous piétine, et des que la faute-la est commise, appeler soi-même l'arbitre afin que le ballon vous soit remis. Ici la faute ultime c'est évidemment le génocide utilise comme propagande en miroir - même le mot est suffisant. Or ici c'était toute une stratégie savamment montée, et nous avons vu comment elle a été montée, depuis le texte de David Eboutou sur moi, prenant une vidéo du 17 février 2019, vieille de six mois donc, la montant deux fois, deux fois, la première fois sans me nommer, et puis en me nommant, les répercussions de son second texte dans les medias camerounais, les nombreuses Unes, les débats à la télé des Mille collines, comme si la vidéo, ou son extrait était actuel, était du 27 juin donc. Il fallait cependant que ce soit un ministre camerounais qui le prononce aussi, le mot génocide donc, enfin, et c'est fait - Grégoire Owona l'a fait. Il fallait que ce soit le quotidien gouvernemental qui l'écrive dans ses pages, et c'est fait - Cameroon tribune, hier, en petite Une. Il fallait que l'ONU s'y mêlé, et l'ONU s'y est mêlée grâce à Nkolo et Mbarga, dans leur lettre à mon université. La faute à été commise, et la contre-attaque peut commencer. Je dis contre-attaque, parce que c'est cela le but de la défense, monter la contre-attaque à partir de la faute de l'équipe adverse. Lancer la contre-attaque. C'est donc elle qui a commencé. Le tribalisme tactique c'est ça. Tactique défensive.

 

On gère.

 

JSK.

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