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mardi 23 juillet 2019

Projet 166 localités solaires: le scandale d'un pillage à ciel ouvert

L'affaire de détournement de fonds publics autour du projet "166 localités solaires" laisse les Camerounais pantois. Les mis en cause ne sont toujours pas inquiétés. Le peuple crie au scandale ! Nous allons vous révéler dans une série de plusieurs articles, toutes les clés de compréhension de cette affaire gravissime.

Les pouvoirs publics ont engagé d'énormes investissements pour pallier au problème d’électrification des zones non couvertes par le réseau du concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun (Eneo). C'est ainsi qu'est lancé en 2014, le Projet d’électrification de 166 localités par systèmes solaires photovoltaïques, reparties dans les 10 régions du pays. Il est question de la construction de 166 mini-centrales solaires d’une capacité totale de 11,2 MW pour un montant des 52 milliards, la mise en place des réseaux de distribution et l’installation d’un système de comptage et de facturation de l’énergie pour alimenter 22 000 ménages à travers les 10 régions. Le projet, apprend-on, a pour but à terme d'éclairer 1000 localités. Malheureusement, un groupe de personne s'enrichit à coup des milliards aux dépens du Cameroun. Des documents du projet et le cahier des charges dont nous avons pu avoir des copies, montrent comment des individus animés d'intentions malveillantes ont plombé un projet cher au chef de l'État Paul Biya.

Acquisition d'un matériel non conforme. En effet, le matériel actuellement utilisé sur les sites du projet est loin d'être celui dont parle le cahier des charges. Tenez, dans le cahier des charges, il est clairement mentionné les matériels à acquérir et les montants d'achat au marché de Hong-Kong (Chine) sont indiqués. Mais, dans une coquinerie dont seul le Cameroun est le grand perdant, l'entreprise Huawei chargé de fournir ce matériel va nous apporter le matériel de mauvaise qualité. En lieu et place des câbles de transport de l'énergie en cuivre comme exigés dans le cahier des charges, ils vont fournir des câbles en aluminium qui est trois fois moins coûteux par rapport au cuivre sur le marché. Les batteries fournies ne possèdent pas la puissance indiquée dans le cahier des charges, les plaques solaires ne sont pas conformes à celles qui avaient été présentées lors du projet pilote de Mvomeka, l'entreprise Huawei a donc changé la qualité des plaques solaires. Et pour réceptionner ce matériel, c'est le directeur du projet Nelson Asandji Che qui s'en est chargé. Curieusement, au lieu de renvoyer le matériel et signifier aux représentants de Huawei que le matériel n'est pas conforme aux exigences du cahier des charges, il va valider et réceptionner contre l'avis des ingénieurs camerounais. Une source dans l'entreprise chinoise nous apprend que l'ex-ministre de l'Eau et de l'Énergie Basile Atangana Kouna aurait demandé qu'on utilise le matériel moins coûteux pour bénéficier des rétrocommissions de cette affaire. Des langues bien renseignées parlent de près de 7 milliards engrangés dans ce détournement.

Contacté par téléphone, nous avons rencontré Nelson Asandji Che, le directeur du projet le 1er décembre 2018 afin de recouper l'information. Il nous renseigne qu'il ne s'occupait pas de l'achat de matériel et qu'en tant que sa tutelle, le ministre Atangana Kouna lui a demandé de décharger le matériel au port de Douala. Une version qui est rejetée en bloc par le délégué régionale du Minee pour le Centre, Atangana Jacques Rémy qui fut le secrétaire particulier de Basile Atangana Kouna pendant plusieurs années avant d'être bombardé délégué régional. Ce dernier, soutient que Nelson Asandji Che est responsable du projet et est le seul à réceptionner ou à renvoyer un matériel. Un ingénieur travaillant dans le projet et qui a requis l'anonymat affirme que le matériel avait été contesté par l'ensemble des ingénieurs camerounais. Malgré cela, Asandji Nelson s'est entêté à le réceptionner.

Aujourd'hui, les populations se plaignent du fait que les batteries n'ont pas une bonne autonomie et les villageois ne peuvent utiliser de réfrigérateurs. "Comment peut-on dire qu'on a de l'énergie si on ne peut pas consommer une eau glacée ? Nous ne pouvons pas conserver nos aliments au frais parce que la puissance injectée ne permet pas d'avoir un congélateur. Ce projet est nul !", tempête un habitant de Nsem dans le département de la Haute Sanaga. "A Mvomeka, les populations peuvent utiliser les réfrigérateurs parce que le matériel est bon, les batteries sont bonnes et les plaques solaires sont de bonne qualité. C'était le projet pilote, il fallait bien que Huawei nous séduise", croit savoir notre source au Minee. Nelson Asandji regrette cette défaillance et nous apprend qu'il n'y peut rien. "Tout s'est fait au ministère, je n'y étais pas", nous répond-il.

Duperie. Le président Biya qui a engagé depuis des années de grands chantiers pour sortir notre pays de la pauvreté et assurer le bien-être des populations, est une fois de plus trompé. Il est dit que l'énergie renouvelable a plusieurs avantages notamment sn moindre coût. Mais au Cameroun c'est tout le contraire. Dans le projet 166 localités solaires qui doit alimenter 22 000 ménages, il est indiqué dans le cahier des charges que chaque ménage doit recevoir environ 1,7 kw. Et cette puissance est déjà budgétisée par l'Etat du Cameroun qui décaisse la somme y afférente chaque année. L'information claire et nette. Curieusement, il est injecté 0,7 kw dans chaque ménage. Nelson Asandji Che le directeur du projet nous informe au cours de notre rencontre que le matériel utilisé ne peut pas transporter cette puissance c'est pourquoi au lieu de 1,7, on est obligé d'injecter 0,7 kw dans les ménages. Problème : pourquoi ne signale-t-on pas à l'État qui continue à débloquer des sous correspondant à la facturation de 1,7 kw par ménage ? Asandji rétorque qu'il revient au ministre de l'eau et de l'Énergie de résoudre ce problème. En clair, Asandji et Cie continuent de profiter d'une facturation illégale et non conforme au cahier des charges et s'enrichissent sur le dos de l'État. "Nous avons été tous mis de côté. Les ingénieurs camerounais ne sont plus que des figurants parce que nous nous opposons aux méthodes du directeur. Il travaille désormais avec uniquement des techniciens chinois qui n'ont aucun scrupule lorsqu'il s'agit de participer à un vol de l'argent des Camerounais", nous révèle un ingénieur camerounais.

Eloundou Essomba et son beau-frère Sp. Le nouveau ministre de l'Eau et de l'Énergie après sa nomination veut voir clair sur tous les projets dont sont département ministériel est la tutelle. C'est ainsi qu'il se pence sur le projet "166 localités solaires". Ici, tout est flou. La gestion est calamiteuse. Il est renseigné par des ingénieurs sur la mauvaise qualité du matériel et du travail approximatif sur le terrain. Il pique une colère et adresse une demande d'explication à l'entreprise Huawei. Cette dernière indiquera dans sa réponse qu'elle a fourni le matériel qui correspondait au montant qui leur avait été donné. En clair, les officiels camerounais ont triché. Ils ont décaissé le montant précisé dans le cahier des charges mais n'ont reversé qu'une partie aux Chinois. Le ministre Eloundou Essomba interpellera d'ailleurs le directeur du projet pour qu'il justifie cette différence et pourquoi il a réceptionné un matériel qui ne répondait pas aux normes voulues dans le projet. Asandji chargera plutôt l'ex-Minee Atangana Kouna actuellement en prison. Le nouveau Minee constate également que le directeur du projet et ses collaborateurs abusent de l'État. Ils perçoivent malhonnêtement plusieurs salaires.

Sieur Asandji Nelson et ses collaborateurs après leurs nominations dans le projet en 2015, continuent frauduleusement à émarger illégalement dans les caisses de l’État jusqu’en juillet 2018, ceci en contradiction avec la législation de la fonction publique qui indique qu’en cas de nomination dans un projet étatique, le fonctionnaire doit le signaler au ministère de la Fonction publique pour qu’un bulletin zéro lui soit produit, dans le but d’éviter le cumul de plusieurs salaires. En violation de cette règle, Asandji et Cie ont continué à croqué abusivement l'argent public sans être inquiétés. Une source en service au ministère des Finances nous révèle que ces "malhonnêtes" doivent à l’État du Cameroun près de 20 millions de F Cfa. Le portail de la diaspora camerounaise de Belgique. Étant en ballotage défavorable, Asandji entreprend de corrompre le nouveau Minee. Ainsi, le 24 août 2018, après l’inauguration de la centrale solaire à Nsem, commune du département de la Haute-Sanaga par Gaston Eloundou Essomba, le directeur du projet va offrir un téléphone dernière génération d'une valeur de 450 000 au Minee et un crédit de communication de 150 000 F Cfa.

Des faits que le directeur du projet reconnaitra lors de notre échange. Nelson Asandji nous fait d'ailleurs savoir que ce cadeau rentre dans la ligne "communication" du projet. Il affirme que Basile Atangana Kouna a également bénéficié d'un "cadeau" de ce genre. Pour récupérer le paquet, le ministre Eloundou Essomba enverra son secrétaire particulier (Sp), non moins officier de police et par ailleurs petit frère de son épouse. Il s'agit du flic Mbarga Ndi Michel, l'homme qui roule dans les véhicules de fonction du ministre avec chauffeur et garde du corps. Ses frasques depuis son arrivé au Minee peuvent inspirer un film culte très connu : Jango. À suivre…


Camerbe

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