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vendredi 13 décembre 2019

Camair-Co : L’impossible relance

Entre intérêts égocentriques et immixtion indue de quelques pontes du régime, la compagnie aérienne nationale peine toujours à prendre son envol. Chronique d’une impossibilité permanente, savamment maquillée par un perpétuel jeu de chaises musicales au sommet.

 Camair-Co vient d’enregistrer un nouveau directeur général sans espoir de relance de cette compagnie minée par des choix stratégiques inopérants, eux-mêmes torpillés par ses nombreuses tutelles et singulièrement la tutelle technique du ministère des transports alors sous Alan Edgar Mebe Ngo’o qui n’entendait point concéder au Dg d’alors, Jean Paul Nana Sandjo, le mérite d’inscrire le redressement de cette compagnie à son actif.

Mais loin de faire ombrage à celui-ci, il a plutôt contribué à l’enlisement de la compagnie dans d’inextricables difficultés entérinées par l’inexistence de fait d’une flotte alors qu’à ce jour, elle aurait dû en disposer avec au bas mot neuf aéronefs si ce n’est 14, selon le plan initié en son temps par celui qu’il démissionna pour ne lui avoir guère concédé de bénéficier de rétro-commissions sur l’acquisition de nouveaux avions qui pourtant avaient d’ores et déjà obtenu l’assentiment de leur financement par pool de banques locales constituées d’Afriland First Bank, Uba, CBC, Scb et Bicec à hauteur de F Cfa 30 milliards.

Mais alors qu’on en était à attendre la finalisation dudit financement, le ministre des transports d’alors y vit une sorte de crime de lèse-majesté au motif de n’avoir pas été associé aux négociations du financement que réussit à lever Jean-Paul Nana Sandjo. Ce qui sous d’autres cieux n’aurait point fait problème, mais plutôt habité par une boulimie financière à nulle autre pareille, Mebe Ngo’o n’y adhéra pas et entreprit plutôt à torpiller cette dynamique au point de mettre la puce à l’oreille d’Air France qui savait perdre d’importantes parts de marché avec le redimensionnement de la flotte de Camair-Co qui allait s’en suivre.

Le reste on le connaît avec l’acquisition par les soins du même Mebe Ngo’o des fameux MA 60 qui eurent toutes les peines à obtenir des licences de navigation et aujourd’hui clouées au sol, délestant de fait la compagnie de l’essentiel de son capital roulant et conséquemment de possibilités de réaliser des recettes à même de lui assurer davantage d’autonomie financière indispensable pour son envol effectif.

Au total, la compagnie a connu son 6e DG éjecté depuis Gilbert Mitonneau (2008-2009), Alex Van Elk (2009-2013), Boertien Matthijs Johannes (2013), Frédéric Mbotto Edimo (2013-2014) et Jean-Pierre Nana Sandjo (2014-2016). Preuve que le problème est certainement ailleurs. Toutefois avec Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe connu pour sa transparence, on espère que l’on relèguera définitivement les pratiques décriées supra pour enfin permettre au nouveau Dg d’implémenter son plan stratégique.

Aussi disons-nous simplement bon vent à la nouvelle équipe.

Par Désiré Njana App(Agence de presse panafricaine)

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